La période d'étude de Ronsard dure sept années et demie et le premier manifeste de ce nouveau mouvement littéraire prônant l'application des principes de la Pléiade est écrit par Du Bellay. Défense et illustration de la langue française parait en 1549 : la Pléiade (ou Brigade, comme elle s'appelait à ses débuts) est alors lancée. Elle comprend sept écrivains : Ronsard, Du Bellay, Baïf, Rémy Belleau, Pontus de Tyard, Jodelle et Jean Dorat. Un peu plus tard, Ronsard publie ses premières oeuvres en 1550 dans ses quatre premiers recueils Odes.
En 1552, le cinquième livre des Odes est publié en même temps que Les Amours de Cassandre. Ces recueils déclenchent une véritable polémique dans le monde littéraire. Une histoire illustre les rivalités et critiques qui existaient alors: on dit que Mellin de Saint-Gelais, chef de file de l'École marotique, lit des poèmes de Ronsard de façon burlesque devant le roi afin de le dévaloriser, cependant, Marguerite de France, la soeur du roi (plus tard duchesse de Savoie), prend à un moment le recueil des mains de Mellin et se met à le lire, rendant aux poèmes toute leur splendeur: à la fin de la lecture, la salle est sous le charme et applaudit chaleureusement. Ronsard est alors accepté comme poète. Les deux poètes se réconcilient alors, comme l'indique le sonnet de M. de S.G. en faveur de P. de Ronsard.
Sa gloire est subite et hors mesure. Sa popularité ne faillit jamais. En 1555-1556, il publie ses Hymnes, il termine ses Amours en 1556 puis il donne une édition collective de ses oeuvres, selon la légende à la demande de Marie Stuart, épouse du roi François II en 1560. En 1565, ce sont Élégies, mascarades et bergeries qui paraissent en même temps que son intéressant Abrégé de l'art poétique français.
En 1563, poète engagé, il publie une Remontrance au peuple de France.
L'Académie des Jeux floraux de Toulouse, le récompense, et le peuple de Toulouse, estimant l'églantine, prix des Jeux floraux, trop modeste pour honorer « le poète français », lui envoit une Minerve d'argent massif de grand prix. Ronsard remercie le cardinal de Chastillon, archevêque de Toulouse, qui l'a toujours admiré, en lui adressant l'« Hymme de l'Hercule chrestien ».
Le changement rapide de souverains n'altére pas les traitements auxquels a droit Ronsard. Après Henri et François, c'est Charles IX qui tombe sous son charme, il lui met même des pièces à disposition dans le palais. Ce parrainage royal a quelques effets négatifs et l'oeuvre demandée par Charles IX, La Franciade, n'égale pas le reste de l'oeuvre de Ronsard, le choix fait par le roi de vers de dix syllabes plutôt que l'alexandrin étant regrettable.
La mort de Charles IX ne semble pas avoir changé les faveurs auxquelles il a droit à la cour royale. Mais Ronsard, ses infirmités augmentant, choisit de passer ses dernières années loin de la cour, alternant ses séjours dans une maison lui appartenant à Vendôme, dans une abbaye à Croix-Val non loin de là ou encore à Paris où il est l'invité de Jean Galland, intellectuel du Collège de Boncourt. Il a peut-être aussi une maison en propre au Faubourg Saint-Marcel. Il voyage en Andalousie pendant trois mois, à Cordoue où il trouve l'inspiration pour son poème Ode à l'Antiquité.
Ses dernières années sont assez tristes: Ronsard connait la perte de nombreux de ses amis et son état de santé s'aggrave. Des souverains étrangers, dont la reine Élisabeth Ire d'Angleterre, lui envoient des présents. Malgré la maladie, ses créations littéraires restent toujours d'aussi bonne qualité et quelques-uns de ses derniers écrits sont parmi les meilleurs. On trouve des poèmes sur Ronsard dans la collection de manuscrits rassemblés par François Rasse des Noeux.
Le 27 décembre 1585, Ronsard est enterré dans l'église du Prieuré de Saint-Cosme à La Riche près de Tours.